BRUNO CATALANO BY ANNE MAITRE / MODUS GALLERY

Bruno Catalano / Modus Gallery

« Jamais je n’avais senti, si avant, à la fois mon détachement de moi-même et ma présence au monde.»

Albert Camus

Une valise, un homme. Il s'en empare, et se lance vers l'inconnu. Voyage volontaire vers un horizon qu'on embrasse et qu'on voudrait infini, ou voyage forcé, contraint par l'exil et la souffrance, en quête de liberté et guidé par la survie. Le voyageur de Bruno Catalano est cet homme laissé à lui même, un homme propulsé dans l'infini du temps et de l'espace. Sa maison n'est plus qu'une valise et son être, progressivement, se dépouillera de tout ce qu'il croyait indispensable, de tout son moi si savamment construit par nos sociétés. Il n'est plus l'homme d'un monde, mais l'homme dans le monde, encore empreint de sa culture mais devenu fragile face à l'immensité. Sa quête ne se fera pas sans dommages. Homme defragmenté, déstabilisé, dépouillé de ses repères, il marche vers son salut autant que vers sa perte. Tout sera désormais a réinventer. Ce voyageur s'échappe de lui même, à la rencontre de sa terre inconnue.

Artisan sculpteur, ainsi qu’il se définit lui-même, Bruno Catalano a débuté sa carrière en 1990.

Le thème universel du voyage l’a toujours inspiré. Depuis ses premiers travaux à l’argile, des centaines de voyageurs sont nés de ses mains. Les moteurs principaux de sa création sont l’exil et le détachement. Il exprime l’idée d’une humanité nomade, fière dans le malheur, en quête perpétuelle de lendemains meilleurs.

Ses hommes en lambeaux, marchant contre l’adversité, porteurs de valises qui semblent contenir le monde, ses personnages en mouvement, troués, touchent les novices comme les plus initiés. Il essaie par ce concept de s’adresser aux hommes d’aujourd’hui quel que soit leur âge, poussé par ce besoin d’évasion, persuadés de trouver ailleurs le bonheur qu’ils n’ont pas réussi à atteindre.

 

Bruno Catalano / Modus Art Gallery